Les religions du Cameroun : Les chiites camerounais
Membres : 4210
Contenu : 377
Liens internet : 6
Nombre de Clic : 328248
Home FAITS MARQUANTS
Note des utilisateurs: / 1
MauvaisTrès bien 

Les religions du Cameroun : Les chiites camerounais

A. Le pays :

La jonction entre l’Afrique centrale et l’Afrique occidentale a donné naissance au Cameroun, pays situé au creux du golfe de guinée, offre une grande diversité de par son paysage, son climat et sa population.

Le Cameroun qui s’étend sur 475 000 km² de superficie, est bordé au nord par le Tchad, au nord-ouest par le Nigeria, au sud par le Congo, le Gabon et la Guinée Equatoriale, à l’est par la République Centrafricaine, et enfin sa partie ouest donne une ouverture sur l’océan Atlantique.

Le pays constitué de quatre grandes régions géographiques, voit le littoral s’élargir sur une centaine de kilomètres au nord et se rétrécir vers le sud pour former la baie de Douala. Au sud de cette ville, se trouve l’estuaire du Wouri, côte longée par des palétuviers. D’ouest en est s’étend le plateau central. Au sud du pays, c’est le bassin de la Bénoué et le plateau de l’Adamaoua où, presque tous les fleuves sillonnant le Cameroun, prennent naissance.

Les montagnes de l’ouest, se raccordent au plateau central par une vaste zone d’anciens volcans pour donner lieu à plusieurs plateaux Bamiléké, Foumban et au massif Mandara. Cette région se prolonge par le Cameroun occidental où le mont Cameroun culmine à 4094 m.

Le nord-Cameroun quant à lui est constitué d’une vaste région de plaine et de savane.

Sa population estimée à 15 millions d’habitants en 2002 avoisine aujourd’hui les 20 millions avec plus de deux cents ethnies. Yaoundé est la capitale administrative et politique et Douala constitue le poumon économique avec le principal port du pays.

Le Cameroun est doté de ressources naturelles abondantes et variées. Son potentiel en ressources minières est exceptionnel avec des gisements de classe mondiale en fer, bauxite, Nikel, cobalt et diamant.

Les forêts qui couvrent prés de 60% du territoire national, constituent l’une des plus grandes sources de devise du pays abritant 90% de l’écosystème du continent, soit, 927 espèces d’oiseaux et 297 espèces de mammifères. Le pays est également exportateur de pétrole.

Selon un document publié sur son site web par l’Institut National de la Statistique, malgré cette manne, 40% de la population camerounaise vivrait en dessous du seuil de pauvreté.

B. L’Islam au Cameroun :

Pays laïc, le Cameroun compterait selon certaines sources, 70 % de chrétiens et 30% musulmans. Ces derniers sont concentrés dans la région de l'Adamaoua, au Nord et l'extrême Nord et aussi à l'ouest (peuple bamoun). Les adeptes des religions traditionnelles sont principalement présents à l'Ouest, et dans une moindre mesure dans le Sud et à l'Est. Le reste des régions comme le Centre, le Littoral et le Sud est plutôt chrétien.

L’islam est entré au Cameroun par la voie soudano-sahéliens du Nord. Les commerçants haoussas venus des cités Kaduna et Kano du puissant voisin Nigéria ont aisément islamisés la partie frontalière des 2 Etats, et ont crée très rapidement des milliers de madrasas (écoles coraniques). L’éducation religieuse quasiment absente, se limitait au mimétisme du comportement des marabouts (enseignants religieux). En réalité, la rareté de livres faisait que l’oralité était le seul moyen d’apprentissage et de transmission des versets coraniques. Les chefs religieux analphabètes qui réglementent la communauté sont à l’origine des interprétations erronées des versets coraniques.

Le cas de la scolarisation en est l’exemple le plus frappant. En effet, durant plusieurs dizaine d’années, la plupart des jeunes musulmans n’étaient pas scolarisés, les maitres coraniques interdisaient formellement la fréquentation des établissements scolaires, considérés comme étant des fiefs du christianisme. L’Etat n’a réagi que très tardivement d’autant plus que le corps enseignant était entièrement constitué à l’époque des chrétiens.

Les filles ont été longtemps les principales victimes de cette fatwa des guides religieux. Les conséquences de ce désastre se font encore ressentir. En effet, les statistiques montrent que les musulmanes représentent à peine 1% des femmes de l’administration camerounaise. Elles sont pratiquement absentes dans le secteur privé.

Malgré l’évolution des mentalités et l’existence d’un cadre juridique, cette idéologie refait à nouveau surface avec l’apparition de la secte Boko Haram (signifie école interdite) qui sévit actuellement au Nigéria. Les théories wahhabites importées de l’Arabie Saoudite ne sont pas étrangères à ce phénomène.

 

Aujourd’hui, le Cameroun connait un véritable éclatement de son paysage religieux. Avec l’avènement des nouvelles lois sur les libertés publiques des années 1990, L’Ecole AHL-UL-BAYT fait son apparition. Egalement connue sous l’appellation du « chiisme », elle est en réalité la première des cinq écoles juridiques musulmanes. Les quatre autres sont les écoles : hanafite, malikite, chafiite et hanbalite d’obédience sunnite.

Les 2 raisons de la division de cette communauté unique à son origine, sont d’ordre strictement politique et relatif à l’exercice du pouvoir.

 

- Première raison : la succession du Prophète. L’existence de nombreuses preuves dans le coran et de propos (hadiths) du Prophète sur la désignation de Ali comme son successeur après lui avoir donné une formation spécifique, afin qu’il poursuive son œuvre d’éducation des musulmans. Ainsi, Ali était chargé à son tour par le Prophète et conformément à la Volonté Divine de transmettre cette mission à leurs Descendants Successifs jusqu’au douzième Imam, le MAHDI.

 

- La seconde raison : l’exigence de la justice comme qualité requise pour le gouvernant. Les chiites se distinguent des quatre écoles sunnites de par leur position tranchée et leur intransigeance en ce qui concerne la qualité de la Justice chez tout gouvernant. Or, personne n’ignore que les gouvernants qui se sont succédés à la tête de l’Etat Islamique depuis les Omeyyades jusqu’aux Ottomanes, en passant par les Abbassides ont accédé au pouvoir soit par voie héréditaire, soit par la force qu’en raison de leurs qualités religieuses (justice, piété, intégrité).

 

La société musulmane camerounaise est à l’image de ce triste exemple avec ses marabouts analphabètes et ignorants que sont leurs gouvernants. Ils rendent licite ce que Dieu a interdit. L’injustice est devenue une valeur. Ce fléau est propre à l’ensemble du monde islamique.

L’incapacité de la communauté sunnite à régler islamiquement ses contradictions se manifeste par l’usage de la force. La terreur devient la solution pour combler les limites de leur idéologie. Cette politique prospère depuis les premiers temps de l’islam.

L’usage de la violence est courant dans les communautés arabes, il a atteint son apogée après le premier crime contre l’humanité perpétré par ces injustes.

Planifié puis exécuté à la perfection, il doit son succès à une forte coalition de musulmans sunnites. Regroupés en une armée d’une centaine de milliers guerriers qui a encerclé et isolé une poignée d’à peine une centaine de personnes dont la majeure partie était des femmes et des enfants. Ils furent privés d’eau et de nourritures pendant plusieurs jours dans un désert aride. Parmi ces assiégés, se trouvait Hussein, le fils de Fatima (Al Zahra) qui était l’unique fille de leur prophète !

Froidement massacrés, les corps mutilés, les têtes soigneusement décapitées et accrochées à la pointe de leurs lances comme des trophées, furent ensuite présentées au Chef de l’Etat musulman de l’époque, Yazid, fils de Moawiya lors d’une cérémonie dans son somptueux palais. Ce crime imprescriptible est commémoré chaque année à travers le monde par la communauté chiite dans son ensemble et par tous les gens épris de justice.

De nos jours, des atrocités similaires sont encore infligés aux chiites dans les contrées de ces barbares.

Au Cameroun, plusieurs chefs religieux sunnites, wahhabites des villes de Douala et Yaoundé ont longuement prêché l’application de ce genre de châtiment. Ces menaces n’ont affaibli en rien, l’émergence de la jeune communauté chiite.

Entre les dissensions des groupes rivaux sunnites, l’impartialité des autorités en faveur d’une poignée d’association islamique sunnite, et la primauté accordée aux chrétiens dans tous les domaines notamment l’accès à aux médias publiques, l’obtention des propriétés foncières, la légalisation de leurs organisations (associations, ONG …) ont fortement affaibli l’Islam.

L’avènement d’une grande structure regroupant tous les musulmans, est l’une des priorités de l’Association Ahl-Ul- Bayt. Cet objectif s’il est atteint ne sera que très salutaire pour toutes les parties dont l’Etat. Cette réunification n’empêchera pas à chaque organisation à continuer d’exister à exprimer ses sensibilités. C’est une œuvre de longue haleine qui prendra certes du temps et demandera beaucoup de concessions de part et d’autre.

Malgré les enjeux politiques et personnels qui sont autant de freins qu’il faudra lever, la victoire de l’Imam Hussein est présente pour nous rappeler qu’il est possible de maintenir les Enseignements du Messager en tout temps.  Déjà, l’apparition des jeunes diplômés, maîtrisant l’arabe, et les 2 principales langues occidentales va progressivement permettre l’éclosion d’une nouvelle mentalité.

C. Organisations chiites

La plus ancienne et importante est :

1-L’Association AHL-Ul-BYT du Cameroun dont le siège se trouve à Douala.

Ses principales structures sont :

  • Le complexe de Douala comportant : une mosquée, une bibliothèque de plus de 1 000 livres arabes, traduits en français et anglais. Une grande documentation sur les 4 écoles sunnites éditée à la Mecque et à Médine. Certains livres sont destinés à la vente. Il y a une salle de lecture avec plusieurs ordinateurs et un accès à internet avec un haut débit. Ce complexe comprend également une morgue et à l’extérieur, se trouve un bâtiment abritant des salles de classe.
  • L’école islamique de Koumbouo comportant plusieurs bâtiments pour une superficie de prés de 4 hectares. Son responsable se nomme Monsieur Ali Youssouf, qui bénéficie de l’encadrement de El Hajj Mouliom Salifou qui est le responsable de la mosquée des chiites de la localité.
  • La mosquée de Yaoundé compte en son sein, un espace de lecture et une morgue. Mohaman Sani, Mohamadou Hamissou sont les principaux animateurs de cette mosquée et Malam Yunus  le responsable religieux.

Les principaux animateurs de L’Association AHL-Ul-BYT du Cameroun sont basés à Douala, ce sont :

Mohamadou Salissou, Konate Yaya, Aboubakar Ibrahim, El hajj Sabihou, Hayatou Yahya.

Le responsable religieux est Cheikh Abdoul Kamil, camerounais natif de Douala. Diplômé de l’université de Qom et titulaire d’une licence en Philosophie et Spiritualités. Il parle couramment le français, l’arabe et le persan. Il est marié et père de 2 enfants.

Cheikh Abdoul Kamil est jusqu’à présent le seul camerounais chiite ayant obtenu le grade de Cheikh à l’issu d’un cursus normal de prés d’une dizaine d’années dans un environnement exclusivement chiite. D’autres étudiants camerounais sont présents dans les universités de Qom et dans d’autres pays.

Les principaux animateurs dans les villes de Maroua et de Bertoua sont EL Hajj Ahmadou et Mohamadou Djaffarou.

2. Cohabitent également à Douala d’autres organisations :

- MARKAZ AHL- UL- BAYT de cheikh Nsangou Hassan

- DAROUL SAKALAYN d’Ibrahim Monde

3 .Dans le Noun, on dénombre 3 organisations :

- DAROUL MAHDI d’Ali Youssouf

- MAKOP FOUMBAN de Dji Mapon Ibrahim

4. Enfin, le complexe Iranien à Douala comprenant une bibliothèque, un centre linguistique et une école dirigée par le Cheikh IBRAHIM BAWI de nationalité iranienne. Une nouvelle école chiite iranienne vient également d’ouvrir ces portes à Yaoundé.

En absence de statistiques fiables, on estime la population chiite à environ 7 000 âmes non compris la communauté chiite libanaise qui pour l’instant n’a ni structure et ni responsable religieux.

Abu Komeil

Nous avons 234 invités en ligne